Rick se réveilla avec un horrible mal de crâne le lendemain matin. Il soupira longuement avant d’ouvrir les yeux. Il n’était pas chez lui, il ne reconnaissait pas la décoration. C’est alors que les souvenirs de la veille lui revinrent en tête. Kate était venue le chercher au bar avant de le ramener chez elle et s’occuper de lui. Quand il tourna la tête, il vit un verre d’eau et un cachet d’aspirine sur la table basse. Il tendit le bras pour attraper le cachet avant de l’avaler avec une gorgée d’eau.

 

- « Pas trop mal au crâne ? demanda Kate en prenant place sur le canapé.

-Un peu, si. Mais… merci pour le cachet. Et le verre d’eau.

-Tu veux quelque chose à manger ? Il y a du bacon, des œufs, ou alors des fruits. J’ai fait du café aussi.

-Ça me va. »

 

Rick se leva du canapé avec l’aide de Kate. Il marcha jusqu’au comptoir de la cuisine avant de prendre place sur le tabouret. La brunette lui sortit une assiette et des couverts et le laissa se servir. Elle lui versa du café dans une tasse.

 

- « Merci et… merci ; répéta ce dernier.

-Je t’en prie. »

 

Kate se servit une autre tasse de café avant de s’asseoir à son tour, en face de lui. La jeune femme ignorait s’il se souvenait de tout ce qui s’était passé la veille, elle ne voulait pas lui forcer la main en voulant en parler dès le petit déjeuner. Elle le laissa reprendre des forces et alla prendre sa douche. Elle en ressortit une vingtaine de minutes plus tard. Rick était en train de faire la vaisselle et avait débarrassé la table.

 

- « Tu n’étais pas obligé de faire tout ça, je pouvais m’en occuper.

-Tu es déjà gentille de m’avoir hébergé, je ne vais pas te laisser faire toutes les tâches ménagères.

-Tu peux rester ici autant que tu veux. Ça ne me dérange pas. »

 

Kate réalisa trop tard ce qu’elle venait de dire. L’inviter à rester chez elle alors qu’il avait son propre appartement. Mais elle connaissait Rick un minimum, ou du moins sa personnalité, et elle savait qu’il refuserait de s’imposer.

 

- « C’est vraiment, et même trop gentil de ta part, mais je ne vais pas t’embêter plus que ça. Tu fais déjà beaucoup pour moi Kate ; répondit timidement Rick. Personne n’a jamais fait ça pour moi.

-Personne ? Un ami ne t’a jamais proposé… de t’aider ?

-Je n’ai pas d’amis. Je n’ai personne. »

 

Kate n’osa pas lui poser une question de plus. Il avait baissé la tête et n’avait pas envie de parler. Elle ne voulait pas lui forcer la main.

 

- « Si un jour tu ressens le besoin de parler de tout ça, tu sais que je suis là. N’importe quand à n’importe quelle heure.

-Est-ce que… est-ce que je peux t’en parler maintenant ?

-Bien sûr ! J’ai toute la journée devant moi. Je t’écoute, je ne bouge pas ; le rassura Kate en posant une main sur son genou. »

 

Kate lui offrit un sourire avant de ramener le tabouret à côté de Rick. Elle s’installa face à lui et le laissa prendre le temps dont il avait besoin.

 

- « Quand… quand tu m’as dit que j’avais un problème avec l’alcool… je crois que… je crois que je le savais déjà mais je n’ai jamais voulu l’avouer. Et ce n’est… ce n’est pas récent.

-J’ai le droit de te demander quand est-ce que tu as commencé ? demanda doucement Kate.

-Tu peux me demander ce que tu veux ; lui assura Rick. Et pour te répondre, ça a commencé ce jour-là. »

 

Rick marqua une pause. Kate respecta ça et resta silencieuse.

 

- « J’étais dans mon bureau en train d’écrire quand j’ai reçu ce coup de téléphone. C’était… c’était l’hôpital. Ma mère… ma mère venait d’avoir un accident de voiture. Au début je pensais que… je pensais qu’elle allait bien, qu’ils allaient s’occuper d’elle, mais il était déjà trop tard. C’est ce jour-là que l’enfer a commencé.

-Rick… je suis vraiment désolé. »

 

Le jeune homme ravala ses larmes. Kate posa une main encourageant sur sa main et la serra sans jamais cesser de le regarder. Elle le vit sortit son portefeuille de la poche de son jean. Il l’ouvrit et lui montra une photo. C’était une photo de sa mère. Il la rangea pour ensuite lui montrer une autre photo. Une petite fille aux cheveux roux et aux yeux bleus.

 

- « Qui est-ce ?

-C’est… c’est ma fille. Alexis ; répondit ce dernier.

-Elle est vraiment mignonne. Elle a quel âge ?

-Sept ans maintenant. ; répondit Rick avec un petit sourire. J’ai perdu sa garde. À cause… à cause de ça. L’alcool. Je ne peux lavoir qu’une fois tous les deux mois. Une journée. Et à chaque fois, je m’amuse tellement avec elle que le temps passe beaucoup trop vite, et je pleure à chaque fois que je lui dis au revoir. Sa mère est… spéciale. Elle ne s’occupe pas si bien d’elle. Elle est souvent sur les tournages, enchaînes les petits amis. Et je sais que… je sais que je ne suis pas meilleur qu’elle mais… je ne pourrais jamais me séparer d’Alexis si elle était avec moi. Elle est géniale et tellement intelligente. Et je… »

 

La voix de Rick tremblait. Il avait l’impression d’avoir quelque chose dans la gorge qui le gênait. Il était incapable de poursuivre. Son regard était vide. Il était entièrement brisé.

 

- « J’ai déjà essayé d’arrêter. J’ai déjà essayé de laisser les gens m’aider, mais personne n’est jamais resté. Je ne t’en voudrais pas si tu finis par t’en aller.

-Je ne t’abandonnerai pas Rick. Jamais tu m’entends ? Je t’en fais la promesse. Mais pour ça, tu dois aussi faire des efforts de ton côté. Tu dois me laisser faire. »

 

Rick releva la tête. Ses yeux brillaient, et ses joues étaient humides. Il pleurait. Kate serra sa main un peu plus fort avant de se lever du tabouret et s’approcher de lui. Elle enroula ses petits bras autour de lui et le serra contre elle.

 

- « Je suis là ; murmura Kate. Je suis là et je ne vais nulle part. Je te le promets. »

 

Rick n’avait pas osé répondre à son étreinte, mais il enroula ses bras autour d’elle à son tour. Il enfouit sa tête dans son cou et respira son parfum. C’était le premier câlin que quelqu’un lui faisait depuis des années, sans inclure Alexis. Kate était différente. Il venait peut-être de la rencontrer, mais il savait qu’elle allait rester.

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