Tous les proches et amis de Kate étaient en train de vivre un véritable cauchemar. Tous avaient vu le corps de la jeune femme s’écrouler sur le sol après avoir reçu une balle. Son partenaire avait tenté de la sauver, mais il n’avait pas été assez rapide. Et maintenant, elle se trouvait entre la vie et la mort. Castle avait vu la vie quitter le corps de sa partenaire alors qu’elle était dans ses bras. Il l’avait suppliée de rester avant de lui avouer qu’il l’aimait dans un dernier souffle. Il était monté dans l’ambulance aux côtés de Lanie tandis que Ryan et Espo avaient pris Jim avec eux. Bien évidemment, Lanie et l’écrivain étaient les premiers arrivés à l’hôpital. Lanie voulut rester le plus longtemps possible avec sa meilleure amie mais les médecins lui dirent de s’arrêter. Castle, lui, avait couru derrière le brancard pour garder un œil sur sa partenaire. Mais lui non plus ne pouvait pas aller plus loin. Il devait prier pour que les médecins réussissent à la ramener. Il voulait éviter de penser au pire, mais sa vaste imagination ne l’aidait pas.

 

Les deux amis furent très vite rejoins par Ryan, Espo, Jim et ensuite Alexis et Martha. Castle réalisa alors qu’il avait toujours le sang de sa partenaire sur les mains. Jim vit son visage sans émotion, décomposé. Il accompagna l’écrivain jusqu’aux toilettes pour l’aider à tout nettoyer. Castle ne prononçait pas le moindre mot, il en était incapable. Sous le choc, il voulait seulement que sa partenaire s’en sorte. Une fois arrivé dans les toilettes, Jim ouvrit le robinet et plaça les mains de l’écrivain en dessous du jet d’eau.

 

-«Vous avez risqué votre vie pour sauver ma fille ; lança alors Jim. Vous auriez pu prendre la balle à sa place en sautant devant elle comme ça.

-C’est ce que je voulais. La sauver. Mais je n’ai pas… je n’ai pas été assez rapide. 

-Katie est forte. Elle va s’en sortir. »

 

C’était tout ce que Castle désirait, qu’elle s’en sorte. Elle ne pouvait pas partir maintenant, pas après qu’il lui ai dit ce qu’il ressentait. Elle devait l’entendre de vive voix, et bien éveillée. Mais il n’aurait peut-être pas l’occasion de lui dire. Jim aida donc Castle à nettoyer ses mains avant de rejoindre les autres dans le couloir. Au moment où Castle arriva, il vit Josh arriver en furie. Il n’eut pas le temps de dire quoique ce soit que le chirurgien le poussa contre le mur. Il accusa Castle.

 

-«C’est de votre faute tout ça ! C’est vous qui l’avez poussé à enquêter sur le meurtre de sa mère ! »

 

Jim intervint et sépara les deux hommes. Ce dernier haussa le ton et pria Josh de s’en aller. Martha passa son bras autour des épaules de son fils et l’attira avec elle. Tous les deux s’assirent l’un à côté de l’autre sur des chaises un peu plus loin.

 

-«Je lui ai dit ce que je ressentais ; murmura l’écrivain. Je lui ai dit que je l’aimais. »

 

Martha se blottit contre son fils en espérant pouvoir l’aider, ne serait-ce qu’un minimum.

 

-«Vous lui avez dit ça ? »

 

Castle se releva en vitesse et se retourna pour voir que Jim était juste là.

 

-«Monsieur Beckett, je ne savais pas… je ne savais pas que vous étiez là.

-Je pourrais vous parler en tête à tête Rick ?

-Bien sûr. »

 

Les deux hommes s’éloignèrent en marchant côte à côte. Les deux Beckett savaient ce qu’il ressentait maintenant.

 

-«Vous avez dit à Katie que vous l’aimiez ?

-J’ai… j’essayais de la garder en vie le plus longtemps possible. Je la suppliais de rester, de ne pas partir. Et j’ai… c’est venu tout seul. Je lui ai dit ce que je ressentais avant qu’elle... »

 

Castle s’arrêta avant de terminer sa phrase et baissa la tête.

 

-«Je sais que ma fille ne montre jamais ses émotions, ou qu’elle nie toujours ce qu’elle ressent. Mais elle tient énormément à vous, beaucoup plus que ce que vous pensez. Et ce médecin avec qui elle est, elle a rompu avec lui. Elle me tuera si elle apprend que je vous ai dit ça mais… elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas imaginer sa vie sans vous. »

 

Castle releva la tête pour regarder le père de sa partenaire. Il n’arrivait pas à croire que Kate pensait tout ça de lui. Mais c’est sûrement parce qu’elle ne disait pas ce qu’elle ressentait, ou alors elle mentait quand elle en parlait.

 

-«Restez à son chevet. Elle sera heureuse de vous voir quand elle sera réveillée. Et si elle vous dit de rentrer chez vous, ne vous laissez pas faire.

-Je resterai avec elle. Je n’ai pas l’intention de la quitter.

-Vous êtes bon pour Katie. Elle a besoin de vous. »

 

Castle n’avait parlé avec Jim Beckett que quelques fois, dont une à l’insu de Kate, mais ce dernier lui avait toujours répété que Kate tenait à lui. Et pour le peu qu’il l’avait vu, il avait deviné ce que ce dernier éprouvait.

 

-«Merci beaucoup monsieur Beckett.

-Jim ; lui dit ce dernier. Appelez-moi Jim. Et je vous en prie. Katie me parle souvent de vous, je savais que j’allais vous apprécier avant même de vous rencontrer. Contrairement au médecin ; ajouta Jim. Je ne l’aime pas du tout. »

 

Castle ne put s’empêcher de pouffer de rire. C’était la première fois qu’il trouvait un peu de bonheur depuis le drame qui était arrivé. Les deux hommes s’échangèrent encore quelques mots avant de rejoindre les autres. Kate allait s’en sortir.

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