Kate avait repris conscience plusieurs heures après être sortie du bloc opératoire. Mais à cause de l’opération et des médicaments qu’elle avait pris en se levant, elle s’était rapidement rendormie. Son père veillait sur elle, et une infirmière venait régulièrement vérifier ses constantes sur la machine. Avec la lourde intervention qu’elle venait de subir, elle risquait de rester plusieurs jours à l’hôpital, sous surveillance, avant de pouvoir sortir.

 

Son père voulait discuter avec elle de ce qu’il avait entendu par hasard dans le couloir. Parce qu’il savait que s’il ne le faisait pas, Kate ferait tout pour faire croire que ce n’était pas arrivé. Et ce dernier en avait plus qu’assez de voir sa fille se voiler la face. Il n’était pas dupe, il savait que l’écrivain ne la rendait pas indifférente. Alors une fois qu’elle serait assez remise sur pied pour tenir une conversation entière, il lui en parlerait. Pour le moment, il la laissait se reposer.

 

Quelques jours après son opération, Kate n’était toujours pas sortie de l’hôpital. Elle n’avait pas fait énormément de progrès concernant la marche, la douleur était encore trop forte. Mais quand elle voulait aller aux toilettes, elle insistait pour se lever et y aller d’elle-même. Mais son père n’était jamais loin pour l’aider à avancer. Mais maintenant qu’elle pensait clairement, son père pouvait lui parler de Castle. En début d’après-midi, après s’être absenté une petite heure, il revint auprès de sa fille.

 

-«Tu as mangé tout ce qu’ils t’ont apporté ? demanda ce dernier.

-Oui. Mais je veux un café. Je tuerai pour en avoir un.

-Appelle Rick pour ça. »

 

Kate regarda son père en levant les yeux au ciel mais ce dernier rétorqua aussitôt.

 

-«Tu sais que je n’ai pas tort. Ça te ferai du bien de le voir.

-Je suis dans un état misérable. Je suis… faible.

-Qu’est-ce que ça change ? Il t’aime, te voir vulnérable ne changera rien à ce qu’il ressent. »

 

Kate avait préparé sa réponse mais elle se figea une fois que son père commença à parler. Elle tourna la tête vers ce dernier et le regarda droit dans les yeux.

 

-«Comment… comment est-ce que tu sais que…

-Je l’ai entendu parler dans le couloir après que tu sois… tu sais où je veux en venir. Il parlait avec Martha, et il disait qu’il t’avait avoué ses sentiments pour toi. Tu ne peux pas ignorer ça, Katie.

-Papa… ; tenta de le couper Kate.

-Il t’aime, Katie ; répondit Jim plus sûrement. Il mérite de savoir que tu l’as entendu. Il est venu te voir les premiers jours, quand tu n’arrêtais pas de dormir à cause des calmants. Il va tous les jours au commissariat pour essayer de trouver celui qui t’a fait ça. »

 

Kate ignorait tout ça. Et savoir que son partenaire faisait tout pour elle la faisait se sentir coupable. Elle avait voulu lui mentir en disant qu’elle ne se souvenait de rien, mais les propos de son père venaient de lui faire changer d’avis.

 

-«Je ne dis pas que tu dois lui dire de venir dans la minute, ni même aujourd’hui, mais ne le repousse pas. Laisse-le venir à toi et, par-dessus tout, laisse-le t’aider. C’est tout ce qu’il demande, être près de toi et prendre soin de toi. »

 

Kate ne regardait plus son père. Elle regardait droit devant elle. Elle était dans ses pensées. Elle revoyait des images de ce jour-là. Son partenaire penché sur elle, la suppliant de rester en vie, de ne pas le laisser. Et avant qu’elle ne sombre dans l’inconscience, il lui avait avoué ses sentiments.

 

Kate… je t’aime. Je t’aime Kate.

 

Ses paroles résonnaient dans sa tête. Son partenaire l’aimait. Il était fou amoureux d’elle, au point de prendre une balle à sa place. Mourir à sa place.

 

-«Si tu le croises, est-ce que… est-ce que tu pourras lui dire de venir me voir quand je suis réveillée ?

-Je lui ferai passer le message. En précisant que c’est toi qui le réclame. »

 

Kate sentit le rouge lui monter aux joues mais elle s’empressa de baisser la tête pour ne pas le montrer.

 

-«Ne cache pas ce que tu ressens, Katie. »

 

Jim resta toute la journée avec sa fille avant de la laisser pour la nuit. Kate avait de quoi s’occuper : Jim lui avait ramené plusieurs livres (une majorité de livres écrits par son partenaire). Il était toujours avec elle, même si elle n’avait pas voulu avouer qu’elle avait besoin de lui. Mais maintenant, elle était prête à recevoir sa visite. Et lui dire qu’elle avait entendu ce qu’il lui avait dit.

 

Désolée pour cette partie un peu plus courte, la troisième sera plus longue! -M

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