Kate souffrait de ESPT, plus communément appelé état de stress post traumatique, suite à la fusillade à l’enterrement du Capitaine Montgomery. Et alors qu’elle pensait que son ESPT était moins présent, il suffit d’une enquête avec un sniper pour la faire replonger. Les crises de panique, le manque d’air incessant, le sentiment d’oppression, les cauchemars, les flashbacks, les souvenirs se répétant sans cesse dans sa tête… c’était devenu invivable. Le pire dans tout ça, c’est qu’elle le traversait seule. Castle n’en savait rien, et elle ne voulait pas le faire plonger avec elle dans tout ça. Il n’avait sûrement pas besoin de ça. Mais il avait besoin de sa partenaire, sa meilleure amie, et en ce moment Kate était complètement à l’Ouest. Elle le repoussait et refusait son aide sans arrêt.

 

Le sniper avait encore frappé, dans un des grands gratte-ciels de Manhattan cette fois. Une jeune femme avait été touchée, mais elle allait s’en sortir. Et alors que la victime paniquait, pleurait et agrippait le bras de Kate, la jeune femme commença à se sentir étouffée. Elle avait l’impression que les murs se refermaient sur elle et que le sniper n’était pas si loin d’elle. Ne pouvant plus tenir, elle se recula et se mit à courir dans la direction opposée. Castle l’appela à plusieurs reprises mais elle ne se retourna jamais. Au contraire, elle accéléra le pas. Elle alla s’isoler dans un couloir étroit pour être seule. Elle retira ses gants, son écharpe, sa veste. Elle enleva son badge et son arme de sa ceinture avant de s’appuyer sur le mur d’en face. Elle était en pleurs et complètement paniquée.

 

-«Je… je ne peux pas… »

 

La jeune femme bascula en arrière, appuyée contre le mur. Elle finit par se laisser glisser jusqu’à ce qu’elle termine sur le sol. La tête dans ses mains, elle tentait par tous les moyens de se calmer. Rien n’y faisait. N’entendant aucun bruit si ce n’est celui de ses sanglots, elle n’entendit pas le bruit de la porte du couloir. Et elle n’entendit pas non plus les bruits de pas. C’est lorsqu’elle vit une ombre face à elle qu’elle releva la tête. Castle. il était là, debout devant elle. Son regard était triste, et désolé. Il s’en voulait de ne pas pouvoir l’aider, et elle aimerait lui faire comprendre que personne ne le pouvait. Elle haïssait le fait qu’il se sente mal à cause d’elle, mais elle ne pouvait rien y faire. Il décrocherait la lune pour elle si elle le lui demandait.

 

-«Cas… Castle… par… partez…

-Jamais. »

 

L’écrivain retira son manteau et sa veste avant de se baisser pour être à la hauteur de Kate.

 

-«Rick…

-Je ne partirai pas, Kate. »

 

Au contraire, il vint s’asseoir à côté de la brunette et tendit les bras vers elle. Elle se recula, mais il la prit quand même dans ses bras, de force. Elle se débattait, voulant à tout prix lui montrer que tout allait bien. Elle utilisait le peu de force qu’elle avait pour frapper son torse.

 

-«Allez-y, lâchez-vous ; l’encourageait l’écrivain. Je ne partirai jamais. »

 

Kate continuait de frapper son torse, mais les coups étaient moins forts et moins nombreux. Elle commençait à fatiguer, ou bien à lâcher.

 

-«Je ne partirai pas, quoiqu’il arrive. Même si ce que je vois est mauvais et n’est pas dans vos habitudes, je resterai planté ici à vous serrer dans mes bras jusqu’à ce que vous me laissiez vous aider. »

 

Les coups de Kate s’arrêtèrent. Castle la sentait trembler contre lui. Il sentait aussi le haut de sa chemise s’humidifier. Il ne fit que resserrer l’emprise qu’il avait sur sa partenaire et l’attirer un peu plus contre lui. Kate abandonna, elle lâcha prise. Et pour l’une des rares fois dans sa vie, elle se laissa aller. Elle ferma les yeux et profita du calme qui les entourait. Elle profita du réconfort de Castle, de sa présence, ses bras, ses paroles… La main de l’écrivain se baladait lentement dans les cheveux de Kate, essayant de l’apaiser. Il sentit les battements de son cœur ralentir et sa respiration retrouver un rythme normal et régulier.

 

«Je suis… je suis désolée.

-Désolée de quoi ? De me laisser vous aider ? Tout le monde pleure, même les personnes les plus fortes. Et vous êtes de loin la personne la plus forte et la plus courageuse que je connaisse. Et… je suis fier de vous. Je suis fier de voir tout ce que vous avez accompli, de vous voir debout après tout ce que vous avez traversé. Je n’ai jamais été aussi fier de vous, et Dieu sait que je l’ai souvent été. »

 

Kate se blottit contre son partenaire et enfouit sa tête dans son cou. Castle tourna légèrement la tête pour venir planter un baiser sur son front.

 

-«Et vous devriez savoir que je ne partirai jamais. Vous savez que je n’écoute jamais ce que vous dites.

-Je ne veux pas que vous m’écoutiez quand je vous dis de vous en aller.

-Je n’écouterai pas.

-Mais je veux que vous m’écoutiez quand je vous demande de rester.

-Promis. »

 

Kate attrapa la main de son partenaire et entremêla leurs doigts. Ils restèrent encore un moment tous les deux avant que Kate ne remette ses affaires.

 

-«Prête ? lui demanda son partenaire en la regardant.

-Prête. »

 

Tant que Kate aurait son partenaire à ses côtés, elle pourrait aller où elle le désirait.

Quoiqu'il arrive, première partie.
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