Kate adorait son travail et détestait s’absenter, même lorsqu’elle était mourante dans son lit, mais c’était différent cette fois. Après les deux jours qu’elle venait de passer aux côtés de son père et son partenaire, elle voulait rester. Mais maintenant que la tempête était passée et que les routes étaient de nouveau praticables, les deux partenaires devaient rentrer à New York et reprendre leurs habitudes. Kate terminait de ranger ses affaires et se préparer tandis que Castle était dehors en train de faire chauffer la voiture. Jim l’avait accompagné exprès pour lui parler.

 

-«Quand elle vous dit de ne pas rester ou d’insister, ne l’écoutez pas.

-Je vous demande pardon ? demanda l’écrivain, perdu.

-Katie. Je la connais, je sais comment elle est. Elle dit toujours qu’elle n’a besoin de personne, mais en vérité elle a besoin de vous.

-Je… Kate peut se débrouiller toute seule.

-Plus maintenant ; le contredit Jim. Elle a changé depuis qu’elle vous connait. Elle est différente. Elle s’est habituée à vous avoir à ses côtés et elle ne pourrait pas faire sans. »

 

Castle voyait que Jim avait encore des choses à dire. Il resta muet et le laissa finir tout ce qu’il avait à lui dire.

 

-«J’ai mis trois ans avant d’oser demander à Johanna de dîner avec moi. J’ai mis trois ans à réaliser que je l’aimais et qu’elle était la femme de ma vie. Nous étions de simples collègues avant que notre histoire ne commence. Et quand je vous vois avec Katie… j’ai l’impression de nous voir nous. Vous avez les mêmes gestes tendres à son égard, vous seriez capable de tout pour la sauver, même aux choses les plus stupides. J’étais pareil avec Johanna, je faisais tout pour vouloir l’impressionner et la charmer comme je le pouvais. »

 

Castle ne s’attendait pas à recevoir un tel discours de la part du père de sa partenaire, mais il ne s’en plaindrait pas.

 

-«Je vois comment vous êtes avec elle. Comment vous lui parlez, comment vous la regardez. Les gestes disent beaucoup plus que les paroles, et vous m’avez montré que vous êtes prêt à tout pour ma Katie. »

 

Jim posa une main encourageante sur l’épaule de l’écrivain. Castle baissa la tête pour regarder la main avant de relever la tête et croiser le regard de Jim.

 

-«Katie ne le montre pas, et elle ne le dit pas, mais elle tient à vous. Beaucoup plus que vous ne le pensez. Alors… ne laissez pas tomber.

-Jamais. »

 

Jim sourit avant d’attirer Castle dans une accolade amicale. Kate choisit ce moment pour rejoindre les deux hommes. Elle fut d’ailleurs étonnée de les voir ainsi.

 

-«Un moment de faiblesse, Castle ? lança la jeune femme pour le taquiner.

-Vous êtes jalouse ? lui dit l’écrivain en se reculant.

-Bien sûr qu’elle l’est ; ajouta Jim. »

 

Kate adressa un regard noir à son père avant de s’avancer vers Castle et le frapper gentiment sur le torse. Castle salua Jim avant d’aller dans la voiture, laissant Kate et son père discuter.

 

-«Qu’est-ce que tu lui a dit ?

-De faire attention sur la route. Et de faire attention à toi.

-Il le fait déjà.

-Montre-lui que ça te touche. Et que toi aussi tu fais attention à lui. Tu n’as rien à perdre, Katie. »

 

La jeune femme se contenta de sourire avant de prendre son père dans ses bras. C’était toujours difficile de lui dire au revoir, mais elle ferait tout pour le revoir bientôt.

 

-«Laisse Rick prendre le volant si tu te sens fatiguée.

-Oui, Papa. »

 

Kate l’embrassa sur la joue avant de monter dans la voiture à son tour. Les deux partenaires firent signe à Jim avant de s’en aller et rentrer chez eux.

 

Le trajet se déroulait dans le silence. Castle regardait la route, puis sa partenaire, et encore la route. Kate, elle, avait des tas de questions en tête, des questions qu’elle voulait lui poser.

 

-«Qu’est-ce que mon père vous a dit ?

-Pleins de choses.

-Castle.

-Je ne vous dirai rien, même sous la torture. 

-Il vous a parlé de moi ?

-Peut-être. »

 

Kate voyait bien qu’il n’avait pas l’intention de répondre à ses questions. En revanche, elle était certaine que son nom était survenu dans leur conversation. Et pour en apprendre plus, elle invita son partenaire chez elle le soir-même. Ils pourraient discuter tranquillement en tête à tête.

 

Kate déposa Castle chez lui afin que ce dernier puisse prendre une bonne douche et se changer. Kate, elle, alla directement au commissariat pour remplir de la paperasse quelques heures. Alors qu’elle était plongée dans tous ses papiers, elle sentit son portable vibrer dans sa poche. C’était un message de Castle.

 

Vous voulez que je vous rejoigne ? R.

 

Elle ne put s’empêcher de sourire en lisant son message. Il était simple mais il la touchait.

 

Ne vous en faites pas, il n’y a que de la paperasse. Préparez-vous pour ce soir. Je vous vois tout à l’heure. K.

 

Et ce soir, ils avaient tous les deux hâte d’y être. Kate quitta le commissariat assez tôt pour rentrer chez elle, se doucher et se préparer. Elle ne lui sortirait pas le grand jeu, elle voulait simplement qu’ils passent une bonne soirée à deux.

 

Castle arriva à l’heure prévue. Kate lui servit un verre de vin et lui demanda ce qu’il voulait manger : chinois ou italien. L’écrivain opta pour l’italien. Ils s’installèrent dans le canapé et discutèrent en attendant leur repas.

 

Un peu plus tard dans la soirée, c’est un café que buvaient les deux partenaires.

 

-«Vous voulez vraiment savoir ce que votre père m’a dit ?

-Je sais que ce n’est pas mon genre mais oui.

-Il a parlé de vous. Beaucoup parlé de vous. Mais… il a surtout parlé de nous. »

 

Kate ne pouvait pas dire qu’elle était surprise. Mais maintenant, elle voulait savoir tout ce qu’il lui avait dit.

 

-«Il m’a simplement dit ne pas laisser tomber.

-Ne pas laisser tomber quoi ? »

 

Castle ne répondit rien. Il se contenta de regarder Kate avec insistance avant de baisser la tête de nouveau. C’était le moment pour elle de se lancer, et ne pas le laisser tomber lui.

 

-«Mon père m’a déjà dit que nous lui faisions penser à ma mère et lui quand ils se sont rencontrés ; avoua la jeune femme. Que j’étais aussi têtue que ma mère et que vous n’abandonniez jamais comme il l’avait fait avec elle.

-Il m’a dit la même chose ; répondit Castle en arborant un petit sourire.

-Et il a raison. Vous n’avez jamais abandonné malgré le nombre de fois où je vous ai repoussé.

-J’ai déjà abandonné beaucoup de choses dans ma vie, mais je ne tournerai jamais le dos à ce que nous avons. Même si pour le moment nous n’avons pas grand-chose. »

 

Il souriait, mais Kate voyait la tinte de tristesse dans sa voix.

 

-«Kate ?

-Hm ?

-Je peux vous demander quelque chose ?

-Toujours.

-Pourquoi est-ce que… pourquoi est-ce que vous étiez aussi… tactile au chalet ? »

 

Si par tactile il parlait du fait qu’elle avait dormi blottie dans ses bras, alors oui elle l’avait été.

 

-«Parce que, pour une fois, je n’ai pas laissé ma raison décider de ce que je voulais.

-Qu’est-ce que vous avez laissé décider ? »

 

Castle se tourna complètement vers elle et la regarda droit dans les yeux, attendant la réponse à sa question.

 

-«Mon cœur. »

 

Justement, le cœur de la brunette s’emballa une fois qu’elle eût dit ça. Elle vit Castle se rapprocher et poser une main délicate sur sa joue.

 

-«Kate… je vais vous embrasser si vous ne me dites pas de m’arrêter. »

 

La brunette pouvait sentir le désir et l’envie dans sa voix.

 

-«Ne t’arrêtes pas. »

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