Castle était enfin sorti de l’hôpital, l’écrivain commençait à en avoir ras le bol d’être enfermé et de ne pas pouvoir sortir. Mais ce qu’il ne comprenait pas, c’est qu’il allait devoir rester enfermé mais chez lui cette fois. Pensant pouvoir rejoindre Kate sur le terrain de nouveau, il allait encore devoir attendre quelques semaines avant de revenir. De plus, la brunette était toujours réticente à son retour après ce qui s’était passé. Ils en avaient discuté et Kate avait lâché l’affaire parce qu’il était hors de question pour eux de se disputer une nouvelle fois. Ils n’avaient pas encore eu l’occasion de parler de leur dispute, celle qui était arrivée à l’appartement de Kate et durant laquelle Castle n’avait pas mâché ses mots. En prenant du recul, Kate s’était rendue compte que tout ce qu’il avait dit était vrai, elle avait simplement trop peur pour lui avouer et se l’avouer à elle-même.

 

Kate avait raccompagné son partenaire chez lui à sa sortie de l’hôpital et avait pris le temps de l’aider à ranger toutes ses affaires. Elle avait même ordonné à ce dernier de s’asseoir ou s’allonger sur le lit pendant qu’elle s’occupait de tout mettre en place.

 

-«Kate, vous n’avez pas besoin de faire tout ça. Je peux m’occuper de ça plus tard, ça ne presse pas.

-Vous n’avez pas entendu ce que le médecin a dit ? Vous devez vous reposer et ne pas faire de trop grands gestes pour éviter que vos cicatrices ne tirent trop.

-Mais je…

-Pas de ‘mais’, Castle. Vous restez là et vous ne bougez pas, je m’occupe de tout. 

-D’accord mais vous ne devriez pas être au commissariat à cette heure-ci ? demanda l’écrivain voyant l’heure tourner.

-J’ai pris ma journée.

-Quoi ? Mais… »

 

L’écrivain arrêta de parler quand il vit le regard noir que sa partenaire lui adressa quand il prononça le mot ‘mais’. Cependant, il n’avait pas dit son dernier mot.

 

-«Vous avez pris un jour de repos juste pour me ramener ici ? Kate, je ne veux pas que vous preniez des journées pour venir vous occuper de moi. Je peux me débrouiller seul. Alexis est là le soir en rentrant de cours et ma mère est… ma mère.

-Ce n’est qu’une journée, Castle. Je n’en ai pas prise depuis des années.

-Kate. »

 

La brunette ne réagit pas, elle continua ce qu’elle était en train de faire.

 

-«Kate. Vous ne faites pas tout ça parce que vous vous sentez coupable ? On en a parlé à l’hôpital la dernière fois, la seule personne responsable et celle qui était derrière le viseur.

-Mais si vous n’aviez pas…

-Je ne pouvais pas rester là sans rien faire. Ce qui est arrivé est arrivé et on ne peut rien y changer. Je suis là et vous aussi, c’est tout ce qui compte. »

 

Kate savait pertinemment qu’il lui faudrait du temps avant que toute cette culpabilité ne s’atténue. Mais étant donné qu’elle avait pris sa journée, autant la passer à aider son partenaire qui était en difficulté.

 

La brunette commanda à manger pour eux et passa la journée entière au chevet de son partenaire. Le médecin lui avait dit de ne pas retourner travailler avant deux mois, et l’écrivain se demandait juste comment il allait survivre autant de temps sans voir Kate, sans la suivre, enfermé chez lui. Kate ne l’avouerait pas, mais il allait lui manquer. Ses théories folles, son café, son soutien, sa bonne humeur… son partenaire allait lui manquer. Alors qu’ils étaient en train de savourer la nourriture italienne que Kate avait commandée, la brunette amena la fameuse dispute qui avait eu lieu plusieurs jours auparavant.

 

-«Je suis désolée pour tout ce que j’ai pu vous dire l’autre soir quand vous étiez chez moi. J’ai été beaucoup trop dure avec vous, vous vouliez seulement me protéger.

-Vous n’aviez pas tort sur certaines choses. Je peux être trop enfantin et pas assez sérieux parfois.

-Si, Castle. Justement. En revanche, vous, vous aviez raison sur chacune des choses que vous avez pu dire. Et oui, vous êtes parfois enfantin, mais c’est aussi ce qui fait partie de votre charme. »

 

Castle tourna la tête pour la regarder et ne put retenir un sourire. Oh, Kate n’allait pas s’en sortir ainsi.

 

-«Mon charme, hein ? lui dit l’écrivain pour la taquiner.

-Ne me faites pas regretter ce que j’ai dit, Castle. »

 

Il ne la taquina pas plus – pour le moment, mais il n’oublierait pas ce qu’elle venait de lui avouer. Kate, de son côté, n’avait pas encore dit tout ce qu’elle avait à dire.

 

-«J’ai rompu avec Josh.

-Vraiment ? Je veux dire… je suis désolé. »

 

Il n’était pas désolé du tout, et Kate arbora un petit sourire de coin. Elle savait très bien qu’il était heureux d’apprendre cette nouvelle, mais son état physique ne lui permettait pas de sauter partout, et la présence de la brunette ne lui permettait pas non plus.

 

-«C’était le jour-même de l’enterrement et de… enfin, vous savez. Je l’ai croisé dans les couloirs de l’hôpital et ça a rapidement dérapé. J’aurais dû faire ça bien avant.

-Kate…

-Vous aviez raison en disant que je me cachais dans des relations avec des hommes que je n’aime pas ; dit la brunette, le coupant. Je n’aimais pas Josh, je n’ai jamais été amoureuse de lui. Ce n’était qu’un prétexte. »

 

Maintenant serait le bon moment d’évoquer ce que Castle avait dit, ou plutôt presque dit, avant de sombrer dans l’inconscience.

 

-«Kate… »

 

Castle voulut se tourner vers sa partenaire mais le fit bien trop rapidement et son corps n’apprécia pas le geste. La cicatrice qu’il avait en bas du ventre le fit grimacer et presque hurler de douleur.

 

-«Castle ? Castle, qu’est-ce qui se passe ?

-Ce n’est rien ; mentit ce dernier. Je me suis fait mal en bougeant et je… »

 

L’écrivain baissa les yeux et remarqua que son t-shirt gris n’était plus si gris que ça au niveau de sa cicatrice. Kate baissa les yeux à son tour. Il saignait. Son geste avait sûrement été trop brusque.

 

-«Je vous emmène à l’hôpital ; dit Kate en se levant.

-Ce n’est rien, c’est juste…

-Je ne veux prendre aucun risque, Castle. »

 

La brunette l’aida à se relever et ensuite à marcher. Castle pesta silencieusement, ils étaient toujours dérangés pendant ce genre de moment. La douleur le sortit de sa bulle, ce n’était pas une si mauvaise idée que ça de faire un tour à l’hôpital.

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