Kate avait proposé à son partenaire de le ramener chez lui, pensant qu’il aurait besoin de se reposer, mais ce dernier avait répondu qu’il voulait venir au commissariat avec elle et assister à l’interrogatoire comme d’habitude. Kate lui avait alors répondu qu’il pouvait rentrer quand il le souhaitait s’il ne se sentait pas capable de rester pour le restant de la journée. Elle ne lui avait pas dit ça parce qu’elle pensait qu’il n’en était pas capable, mais parce qu’elle savait à quel point une crise d’angoisse ou de panique pouvait abattre quelqu’un. Castle était de retour depuis un mois à peine, se retrouver face à un suspect qui pointait son arme vers lui après s’être fait tiré dessus pouvait particulièrement l’atteindre psychologiquement.

 

Castle resta jusqu’à la fin de la journée, ne voulant pas laisser sa partenaire toute seule. Il savait que c’était difficile pour elle aussi, mais elle ne l’avait pas laissé tomber pour autant. Mais alors que la nuit était tombée, l’écrivain se décida enfin à rentrer. Ce dernier pensait s’en tirer ainsi, c’était sans compter sur sa partenaire qui n’en avait pas fini avec lui.

 

-«Ne vous en faites pas, je vais prendre un taxi. Je ne vais pas vous faire faire un détour.

-Ne dites pas n’importe quoi, Castle. Je vous ramène ; dit la brunette en prenant sa veste sur son siège. Et il faut qu’on parle tous les deux. »

 

Oh, cette phrase. Elle n’amenait jamais rien de bon, et Castle le savait très bien. L’écrivain enfila sa veste et croisa le regard plus sérieux que jamais de sa partenaire. La journée était bien loin d’être terminée. Comme plus tôt dans la journée, le trajet se déroula dans le silence. Un silence pesant. Quand ils arrivèrent au loft, Alexis et Martha étaient en train de dîner. Martha, restant à peine quelques minutes avec eux avant de monter dans sa chambre, comprit qu’il avait dû se passer quelque chose. Elle ne dit rien, mais elle croisa le regard de Kate. Rien qu’en voyant celui-ci, elle comprit. Castle mangea à peine, Kate ne toucha presque pas à son assiette non plus. Le silence était en train de les ronger tous les deux.

 

-«Vous avez dit que nous devions parler ; dit enfin l’écrivain alors qu’il était en train de préparer du café.

-Oui, mais dans votre bureau ce sera mieux. »

 

Kate ne l’attendit pas pour s’y rendre. L’écrivain arriva quelques instants plus tard, deux tasses de café dans les mains. Il eut à peine le temps de les poser sur son bureau que Kate se tourna vers lui et lança la conversation sans perdre de temps. Ils en avaient déjà perdu assez.

 

-«Je peux savoir pourquoi vous m’évitez depuis plusieurs jours, Castle ?

-Je ne vous évite pas ; mentit ce dernier.

-Ne commencez pas à me mentir, Castle. J’ai bien remarqué un changement dans votre comportement depuis… depuis ce soir-là. »

 

Ce soir-là, celui où elle avait essayé de l’embrasser mais qu’il avait tourné la tête avant de lui demander de s’en aller. Enfin, pas de s’en aller, mais il lui avait bien fait comprendre qu’il voulait être seul, et elle avait respecté son souhait.

 

-«Vous m’évitez depuis le soir où j’ai voulu vous embrasser ; dit la brunette sans bégayer. Et je ne comprends vraiment pas pourquoi vous agissez ainsi alors que je pensais que nous nous étions rapprochés et que nous étions proches de… de commencer quelque chose de nouveau tous les deux. »

 

Oh, il avait vraiment merdé sur ce coup là, n’est-ce pas ? Il avait eu faux sur toute la ligne.

 

-«Je pensais que vous vous étiez laissée emporter avec l’intimité et l’émotion du moment que nous étions en train de passer. Et après tout ce que vous avez fait pour moi, je pensais… je ne sais pas, j’avais peur que vous vous sentiez redevable par rapport à moi et je réalise maintenant à quel point j’ai été stupide de penser ainsi. Mais je ne sais pas… je ne sais jamais comment vous cerner quand il s’agit de nous deux ; se défendit l’écrivain.

-Comment me cerner ? Castle, je pense que mes intentions envers vous sont claires depuis quelques semaines maintenant. Vous pensez vraiment que je serai restée ici des nuits, à m’occuper de vous, vous emmener à vos rendez-vous chez le kiné, tout faire pour que vous vous sentiez mieux s’il n’y avait pas de sentiments derrière tout ça ? demanda Kate. Oui, je me sens coupable pour ce qui vous est arrivé, mais ce n’est pas pour ça que j’ai fait tout ce que j’ai fait. »

 

Kate marqua une pause. Elle reprit la parole puisque son partenaire lui laissa la voie libre.

 

-«Quand je suis venue vous voir la première fois à l’hôpital ; poursuivit la jeune femme. Vous étiez sur le point de me dire ce que vous aviez dit au cimetière avant perdre connaissance mais vous ne l’avez pas fait. Pourquoi ?

-Je ne pensais pas que vous seriez prête à l’entendre.

-Vous me l’avez dit seulement quelques jours avant.

-Parce que je pensais que j’allais mourir et je ne voulais pas partir sans vous le dire ; expliqua ce dernier.

-Castle, vous auriez pu m’en parler.

-Vous en parler ? Kate, ce n’est pas vraiment le genre de conversation que l’on peut avoir tous les jours. Et pouvez-vous réellement me blâmer ? J’ai déjà essayé de vous parler de ça par le passé mais vous avez toujours pris la fuite.

-J’ai l’air de la prendre cette fois ? »

 

La brunette le regarda droit dans les yeux et fit un pas vers lui tout en attendant une quelconque réaction de sa part.

 

-«Non ; répondit simplement ce dernier.

- Alors laissez-moi vous aimer en retour ! »

 

Cette fois, la voix de Kate ne trembla pas. Mais c’est le corps tout entier de l’écrivain qui se mit à trembler après ce que sa partenaire venait de lui avouer. Kate le regarda tout en se rapprochant lentement de lui. Le ton qu’elle utilisa était bien plus tendre lorsqu’elle reprit la parole.

 

-«J’ai dormi des tas de fois dans votre lit. Dans vos bras. Je passais presque tout mon temps libre au loft tout ça pour être avec vous, et j’ai de nombreuses fois utilisé l’excuse de votre blessure alors que je voulais simplement être avec vous. J’ai voulu vous embrasser ce soir-là, mais j’y ai déjà pensé des dizaines de fois avant ça. Si vous n’arrivez pas à ouvrir les yeux avec tout ça Castle, je ne peux plus rien faire pour vous ; lui dit Kate en souriant pour le taquiner.

-J’ai bien peur que nous le soyons tous les deux pour le coup. »

 

Il sourit, et son sourire était contagieux. Kate le fit perdre ses moyens une énième fois quand elle passa un bras autour de son cou.

 

-«Et vous alors, vous avez déjà pensé à m’embrasser ? lui demanda la brunette, le taquinant un peu plus.

-Je… et bien… oui. Evidemment. Tout le temps.

-Tout le temps, uh ? Ça veut dire que… maintenant aussi.

-Surtout maintenant ; répondit ce dernier. »

 

Un silence s’installa et, contrairement aux jours précédents, il était loin d’être pesant. Castle posa une main sur la taille de Kate tandis que celle dernière avait placé sa main libre sur la joue de l’écrivain. Castle baissa la tête tandis que Kate leva la sienne. Ne pouvant plus attendre, Kate mit fin aux quelques centimètres qui restaient entre eux et déposa ses lèvres sur les siennes. Les mains de Castle vinrent glisser dans le dos de la brunette pendant que cette dernière enroula ses bras autour du cou de l’écrivain. Très vite, la frustration laissa place à la passion. Et très vite, ils se retrouvèrent à cours d’air. Kate laissa son front reposer contre celui de l’écrivain.

 

-«Wow ; murmura ce dernier.

-Tu es plutôt à cours de mots pour un écrivain.

-Ma muse me fait cet effet-là.

-Elle est supposée faire l’effet opposé ; répondit Kate en souriant.

-Pas après avoir fait ça. »

 

Kate se mordilla la lèvre, heureuse de l’effet qu’elle avait sur lui. Castle plaça un doigt sous son menton et lui releva la tête avant de capturer ses lèvres. Cette fois, ce fut Kate qui resta bouche bée.

 

-«Je sais que ce n’était pas prévu mais… tu pourrais rester ; murmura Castle contre ses lèvres.

-Parce que tu pensais vraiment que j’allais partir ? Je dois me rattraper et t’embrasser pour compenser le nombre de fois où je ne l’ai pas fait.

-Etant donné que tu y as pensé et je cite ‘une dizaine de fois’, je dirai que la soirée n’est pas encore terminée.

-Tu n’as pas idée. »

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