Kate ne pensait pas être autant mise à l’épreuve lors de son retour de convalescence. Trois mois que la jeune femme était isolée dans le chalet de son père au nord de l’Etat pour prendre le temps nécessaire pour être apte à reprendre le travail. Malheureusement, elle ne possédait pas de superpouvoirs et ne pouvait gérer son retour comme elle le voulait. Laisser ses émotions prendre le dessus était quelque chose qu’elle ne supportait pas, et la frustration avait pris le dessus lorsque Castle avait insisté en lui disant de ralentir et prendre son temps. Kate ne voulait pas se prouver à elle-même qu’elle était capable de reprendre le travail là où elle s’était arrêtée trois mois en arrière, elle voulait le prouver à ses proches, ses collègues. A Castle. Elle s’entêtait à enquêter sur celui qui lui avait tiré dessus à l’enterrement de Montgomery, ce qui est normal, mais la jeune femme était tellement obnubilée par cette enquête qu’elle en oubliait de penser de manière rationnelle. Castle ne la reconnaissait pas, mais elle ne laissait pas l’écrivain avoir une conversation avec elle en tête à tête.

 

Les émotions de Kate continuaient de prendre le dessus, même si elle tentait tant bien que mal de reprendre le contrôle. Après avoir fait une visite remarquée dans la caserne de pompiers qui avait un lien avec l’enquête de sa mère, la jeune femme avait demandé à son partenaire de venir à son appartement le soir-même pour explorer les dossiers en détails. Rien ne pouvait incriminer la personne que Kate soupçonnait, et c’est ce qui l’agaça ce soir-là. Castle, de son côté, essayait de ramener sa partenaire à la raison en lui montrant que le dossier n’était pas falsifié. Mais encore une fois, la jeune femme se laissa emporter par ses émotions.

 

-« Le gars qui m’a tiré dessus est en liberté. Dick Coonan aussi. Montgomery est mort. Ma mère n’est plus là. Tout le monde est parti, Castle. »

 

Les larmes aux yeux et submergée par ses émotions, Kate regretta ses paroles aussitôt. La dernière chose qu’elle voulait était craquer devant Castle, mais ça venait tout juste d’arriver. Se sentant honteuse, elle lui tourna le dos et lui demanda de s’en aller.

 

-« Vous devriez rentrer ; dit-elle simplement. Il est tard. »

 

Kate entendit le bruit de la chaise sur le sol puis les bruits de pas de son partenaire. Seulement, il ne s’éloigna pas d’elle pour se diriger vers la porte mais marcha vers elle.

 

-« Je ne vais pas vous laisser seule ; murmura ce dernier.

-Je ne tiens pas à ce que vous me voyiez dans cet état.

-Dans cet état ? répéta l’écrivain. Vous voulez dire en détresse pour votre première enquête ? Kate, vous n’êtes pas un cyborg. Vous n’avez pas de superpouvoirs même si j’ai longtemps cru que c’était le cas. Vous avez frôlé la mort il y a de ça trois mois, tout le monde ne se tiendrait pas debout devant moi comme vous l’êtes actuellement après avoir vécu ça. Vous voir craquer parce que vous enquêtez sur une affaire qui vous concerne personnellement et qui vous hante depuis des années ne va pas me faire arrêter de penser que vous êtes la personne la plus forte que j’ai pu rencontrer. »

 

Kate n’osait toujours pas le regarder, ni même se retourner, mais elle était attentive à ses paroles. Ses mots lui allaient droit au cœur, c’était souvent le cas.

 

-« Vous n’avez rien à prouver à personne. Bon sang, vous n’avez rien à me prouver à moi ; insista Castle, tentant à tout prix de se faire entendre et lui faire comprendre. Je suis votre partenaire, je suis votre ami. Je suis… »

 

Kate sentit son cœur battre plus rapidement contre sa poitrine. Elle attendit la fin de sa phrase mais elle ne vint jamais.

 

-« Vous avez le droit de craquer, Kate. Ce n’est pas un signe de faiblesse, bien au contraire. Je vous demande simplement de ne pas me laisser dans l’obscurité, et de ne pas me repousser quand j’essaie de vous aider. Parce que je suis là pour vous aider. Laissez-moi le faire. »

 

Castle fit un pas de plus en avant. Il vint poser sa main sur le bras de Kate, le faisant lentement glisser vers le bas jusqu’à ce que leurs deux mains ne s’effleurent. La jeune femme repassa les mots de son partenaire en boucle dans sa tête. Pour la première fois depuis son retour, elle ne laissa pas les émotions prendre le dessus. Elle écouta son cœur et fit simplement ce qu’elle avait envie de faire depuis des jours ; elle se retourna et vint se blottir contre son partenaire. Surpris, Castle mit plusieurs secondes avant de venir envelopper ses bras autour de Kate. La jeune femme avait besoin de ce réconfort. Elle avait besoin du réconfort de son partenaire et pas celle de quelqu’un d’autre. Elle ignorait s’ils reparleraient un jour de ce long câlin, mais tout ce qui comptait pour le moment était l’instant présent. Et lorsqu’elle sentit Castle resserrer ses bras autour d’elle, elle s’autorisa à fermer le yeux et faire durer ce moment, espérant au fond d’elle qu’il ne s’arrête jamais.

Petits prompts, chapitre 110.
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