Kate était submergée par ses émotions à cause de l’enquête sur le sniper, même si elle persistait à dire que ce n’était pas vrai. Elle voulait simplement se persuader elle-même que tout allait bien, même si tout autour d’elle lui prouvait le contraire. Enquêter aussi tôt sur une affaire concernant un sniper n’était pas la meilleure des idées, et Castle avait essayé de l’en dissuader, mais sans succès. Dr Burke, son psychologue, avait prononcé des mots qu’elle refusait catégoriquement d’entendre : son diagnostic du syndrome de stress post-traumatique. ‘Je n’ai pas de SSPT’ avait rétorqué la jeune femme, refusant toujours d’accepter la réalité. Elle voulait aller bien, elle voulait que tout le monde pense qu’elle aille bien, mais c’était loin d’être le cas. La brunette était désorientée et facilement irritable ; Castle en avait d’ailleurs fait les frais. Rien de nouveau, Kate rejetait tous ceux qui tentaient de l’aider. Mais étant humaine, elle ne pourrait tenir encore longtemps en agissant de cette manière.

 

Le sniper avait de nouveau frappé. C’était sa troisième attaque en seulement deux jours, et aucune piste ne pouvait être réellement exploitée. Le groupe d’amis de Lieutenants du 12ème tentait de trouver le moindre détail qui pourrait les conduire à leur tueur mais c’était sans succès Peut-être avait-il laissé des traces sur cette nouvelle scène de crime ? Kate et Castle arrivèrent à l’endroit où le sniper avait frappé. Le bruit des sirènes, beaucoup trop fort pour Kate, lui fit une fois de plus perdre ses repères. La brunette regardait en l’air, partout autour d’elle, et ne pouvait se concentrer à cause de tous les reflets dans les fenêtres. Et si le sniper était toujours là ? Et s’il la visait ? Que ferait-il s’il venait à tirer ? La voix de son partenaire ramena Kate à la réalité, et celle-ci accéléra son pas en voyant que ce dernier était à l’entrée du bâtiment.

 

-« Combien de victimes y’a-t-il ? demanda Kate aux ambulanciers.

-Une seule. Cette jeune femme est blessée, son nom est Emily Reese. »

 

Kate tenta de contenir ses émotions du mieux qu’elle le pouvait, mais la jeune femme blessée et paniquée allongée sur le brancard ne fit que la faire paniquer. Kate allait bientôt perdre pied. Elle coupa court à la conversation lorsqu’Emily lui agrippa le bras, effrayée. L’ambulancier avança avec le brancard pour emmener la jeune femme le plus vite possible à l’hôpital. Kate, de son côté, ne pouvait contrôler sa respiration saccadée et les bouffées de chaleur en train d’envahir son corps tout entier. Une crise d’angoisse. Elle était en train de faire une crise d’angoisse, et c’était bien trop tard pour tenter de la calmer. Alors Kate fit ce qu’elle faisait de mieux dans des situations délicates comme celle-ci : elle prit la fuite. Elle s’éloigna le plus vite possible de son partenaire, refusant catégoriquement d’imaginer qu’il puisse la voir dans cet état.

 

-« Beckett ! Beckett ! KATE ! »

 

Castle tenta d’appeler sa partenaire, en vain. Il la vit ouvrir une porte menant à une issue de secours puis disparaître. Kate s’était réfugiée dans un couloir où il n’y avait aucun passage. Elle retira ses gants, sa veste, son badge et son arme, les jetant sur le sol. Le souffle court, Kate posa ses mains sur le mur d’en face avant de se laisser partir en arrière et s’appuyer sur le mur. C’était l’enquête de trop pour elle, la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. Les larmes commencèrent à couler par torrents le long de ses joues, son cœur battant si fort contre sa poitrine qu’elle en avait mal, le couloir étant vide et spacieux lui paraissant pourtant minuscule et lui donnant l’impression de s’étouffer un peu plus.

 

-« Je… je ne peux pas. »

 

Elle le répéta une seconde fois, ayant du mal à trouver assez de souffle pour prononcer ces quatre mots. Elle ne pouvait pas. N’ayant plus aucune forte dans ses jambes, elle se laissa glisser le long du mur jusqu’à ce que son corps touche le sol. Des minutes, qui paressèrent comme une éternité, s’écoulèrent avant qu’elle n’entende la porte s’ouvrir. La tête plongée dans ses mains, Kate sut tout de suite qu’il s’agissait de l’écrivain. Il ne prononça pas le moindre mot, mais elle sentit son corps glisser contre le sien lorsqu’il s’assit à ses côtés. Castle, de son côté, était conscient que « le pire » était passé. Non pas qu’il voyait sa partenaire être dans cet état comme quelque chose de mal, mais parce qu’il aurait aimé être là quand ça n’allait vraiment pas. Il se contenta de respecter son silence, et lui laisser du temps. Autant qu’elle en aurait besoin. Il remarqua cependant le bandage ensanglanté sur son avant-bras, et se dit qu’il était nécessaire d’y apporter une attention médicale particulière.

 

Kate reprenait ses esprits petit à petit, mais sanglotait toujours. Lorsqu’elle laissa apparaître son visage en laissant retomber ses mains, elle sentit le regard de Castle sur elle et regretta aussitôt son geste. L’écrivain le comprit tout de suite, et prit sa main dans la sienne pour faire fuir les pensées qui venaient d’envahir sa tête. Sa main dans la sienne. La douceur et la chaleur de sa main apportèrent un réconfort immense à la brunette qui avait plus besoin d’aide qu’elle ne l’avait laissé paraître. Castle, en plus de tenir sa main, y traçait des petits cercles à l’aide de son pouce pour l’aider à se calmer. Kate était reconnaissante de sa présence, heureuse du réconfort qu’il lui apportait. Epuisée et toujours tremblotante, incapable de parler, vint reposer sa tête sur l’épaule de son partenaire. Elle vint placer sa main sur la sienne et entremêler leurs doigts ensemble comme pour le remercier de sa présence. Castle vint, à son tour, poser sa tête sur la sienne. Les sanglots de Kate diminuèrent au fur et à mesure que les minutes passaient et les larmes cessèrent de couler. Après être restés un moment assis côte à côte sur le sol, Castle se releva et tendit sa main à Kate pour l’aider à faire de même. La jeune femme lui offrit un sourire timide et gêné avant d’accepter le badge et l’arme que Castle lui tendaient et venait de ramasser. Il se baissa ensuite pour récupérer sa veste et l’aider à l’enfiler. Alors qu’ils étaient sur le point de quitter le couloir qui avait servi de refuge à Kate, la brunette attrapa le bras de son partenaire pour le retenir.

 

-« Merci, Castle. Merci beaucoup.

-Always, KB. »

 

Castle lui offrit un sourire sincère avant d’ouvrir la porte et placer une main protectrice dans le bas du dos de la jeune femme. Kate sourit. La route serait encore longue pour Kate avant de retrouver la même stabilité qu’avant la fusillade, mais elle n’était pas seule pour faire le voyage.

Pour le meilleur, et surtout pour le pire.
Retour à l'accueil