Les rencontres de Kate et Castle avaient été désastreux, et ce du début à la fin. Le pompier de juillet n’avait aucune personnalité et la mannequin était ennuyante à mourir de rire. Et la jalousie que les deux partenaires avaient ressenti en voyant l’autre passer une soirée avec une personne autre qu’eux n’avait pas aidé à décrire cette soirée comme désagréable. A vrai dire, l’enquête avait sauvé leur soirée. Si Ryan et Espo n’avaient pas passé ce coup de fil, et si Castle ne s’était pas excusé à plusieurs reprises pour rejoindre Kate, ils auraient tous les deux fini par mourir d’ennui. Mais forte heureusement, l’enquête et leur amour pour le travail leur avait empêché de passer une mauvaise soirée. Une fois de retour au poste et l’enquête résolue, Kate avait abandonné sa robe rouge pour une tenue plus professionnelle. Ses cheveux étaient toujours attachés, une grande pince tenait le tout. Castle, lui, portait toujours son costume avec sa cravate violette. Sans même se consulter, les couleurs de leurs vêtements s’accordaient : le chemisier que Kate portait désormais était violet.

 

Tous les deux le ventre vide, on peut dire que les deux partenaires étaient restés sur leur faim. Alors quand ils se retrouvèrent face à face, en train de débriefer leur soirée – en mentionnant les minuscules portions du restaurant, une idée traversa l’esprit de l’écrivain.

 

-« Vous savez, Remi fait de formidables burgers avec un grand choix d’accompagnement.

-Oh, et leurs milkshakes. »

 

Castle prit la robe de Kate qui était sous housse avant de lui tendre son autre bras. La brunette le regarda, se disant que ce dîner pouvait signifier plusieurs choses, avant de lâcher prise et enrouler son bras autour du sien. Ils marchèrent jusqu’à l’ascenseur et sur le court trajet, Kate attrapa une mèche de cheveux et commença à l’enrouler autour de son doigt à l’infini. Elle n’arrêta pas, même dans l’ascenseur, de jouer avec la même mèche de cheveux. Et ça, évidemment que Castle le remarqua. Il avait même été jaloux quand elle l’avait fait quelques jours plus tôt, lorsqu’elle était au téléphone avec le fameux pompier du mois de juillet du calendrier. Castle n’avait rien à lui envier, Kate avait détesté ce rencard – si on pouvait l’appeler ainsi, et avait trouvé le pompier égocentrique et barbant. Castle, de son côté, était fascinant, intéressant et les deux partenaires avaient toujours un sujet de conversation à aborder. C’est d’ailleurs ce qu’ils firent lors de leur dîner en tête à tête chez Remi. Ils abordèrent de nombreux sujets de conversation, certains qu’ils n’avaient jamais abordés. Une fois qu’une discussion était entamée, les deux partenaires pouvaient rester des heures à parler sans même s’en rendre compte. Il leur était déjà arriver de se faire virer d’un endroit, en douceur, mais simplement parce qu’ils n’avaient pas vu l’heure et l’établissement devrait fermer. La connexion se faisait naturellement chez eux, Kate n’avait jamais autant parlé et si facilement avec quelqu’un auparavant. Castle était différent. Et Kate refusait de se dire que la relation qu’elle partageait avec lui était hors du commun, parce que ça l’effrayait. Mais pour ce soir, elle voulait simplement profiter et se laisser aller. Peut-être un peu trop, parce que sa mèche de cheveux n’allait pas tarder à devenir bouclée à force de l’enrouler autour de son doigt. Castle n’en perdait pas une miette, et il mourrait d’envie de lui faire une remarque dessus. Il s’en priva, mais pour combien de temps ?

 

Les heures passaient et, comme c’était déjà arrivé, les deux partenaires se firent gentiment exclure du restaurant puisque ce dernier était sur le point de fermer. Ils marchèrent jusqu’à la voiture de Kate, et même sur le trajet, sa mèche de cheveux tournait dans tous les sens. Le bras enroulé autour de celui de Castle, elle n’arrêtait pas de penser à la merveilleuse soirée qu’elle venait de passer. Le sentiment de peur et de peur de tout gâcher était toujours là, mais elle tentait de le repousser du mieux qu’elle pouvait. Arrivés à la voiture de la jeune femme, Castle prit place sur le siège passager et ils continuèrent leur conversation jusqu’à ce que la voiture arrive en bas de l’immeuble de l’écrivain. Kate se gara sur le côté et alluma les feux de détresse de sa Crown Victoria en attendant de dire au revoir à Castle.

 

-« J’ai passé une bonne soirée. Une excellente soirée même ; dit l’écrivain en se tournant vers Kate.

-C’était bien plus intéressant que la première partie de notre soirée.

-Ça c’est parce que l’individu en face de vous était là pour vous faire passer une belle soirée.

-Hm, je n’en suis pas si sûre ; répondit Kate dans le simple but de le taquiner.

-Pourtant, je connais une personne qui a passé la soirée à jouer avec sa mèche de cheveux. »

 

Evidemment qu’il l’avait remarqué, et bien sûr qu’il était tout fier de le faire remarquer. Le sourire qu’il avait sur les lèvres était rempli de fierté, avec une touche de peur, par crainte d’en avoir trop dit.

 

-« Le langage corporel ne trompe pas ; lui assura Kate, le regardant droit dans les yeux.

-Vous voudriez… refaire une soirée comme celle-ci ?

-Rien que tous les deux ? Sans la première partie ennuyante à mourir ? Avec plaisir.

-Je sais que vous venez de passer une excellente soirée, et que c’est en partie grâce à moi. »

 

Kate était surprise, c’était la première fois qu’il était aussi sûr de lui ce soir, qu’il avait ce sourire si fier sur son visage.

 

-« Vous m’avez bien l’air sûr de vous, Castle.

-Vous avez passé la soirée entière à jouer avec vos cheveux, Lieutenant Beckett. Je pense que ça en dit long. »

 

Kate se mordilla la lèvre en baissant la tête un instant. Elle n’essaya pas de démentir, c’était perdu d’avance. Quelques secondes après qu’elle eut relevé la tête, elle vit Castle s’avancer vers elle puis elle sentit rapidement la chaleur de ses lèvres sur sa joue. Il se recula, toujours ce sourire fier rayonnant sur son visage. Avant même qu’il se soit totalement redressé, Kate fit quelque chose que jamais elle n’aurait pensé faire : elle se haussa sur la pointe des pieds pour venir l’embrasser. Pas sur la joue, non, sur les lèvres. Elle sentit que son partenaire était déstabilisé et ne savait pas où ses mains devaient se placer. Puis, avec les secondes qui passaient, il vint finalement poser ses mains sur sa taille et répondre comme il se doit à son baiser. La brunette fut la première à se reculer, mais pas parce qu’elle regrettait, simplement parce qu’elle avait besoin de reprendre son souffle suite à ce qui venait de se passer. Castle de son côté, était tout autant subjugué. L’écrivain, comme cela arrivait très rarement, était à court de mots. Cette fois, c’était le visage de Kate qui rayonnait grâce à un sourire fier.

 

-« Bonne nuit, Castle.

-Bonne nuit à vous aussi, Kate. »

 

La brunette lui fit un petit signe de la main avant de monter dans sa voiture et s’éloigner de l’immeuble de Castle. Lui, mit du temps à reprendre ses esprits. La nuit s’annonçait paisible.

 

Le lendemain matin, Kate arriva très tôt au commissariat. Pas parce que l’enquête pressait, mais parce qu’elle devait absolument rendre visite à sa meilleure amie. Lanie pensait que Kate avait passé la soirée avec le pompier, pas qu’elle l’avait passée avec Castle et qu’elle avait fini par l’embrasser. Les murs de la morgue étaient sur le point de trembler.

 

-« Hey, Lanie.

-Hey, honey. Tu es bien matinale pour venir ici alors que je n’ai rien de nouveau pour… attends une minute. »

 

Kate ne put se retenir de sourire. Lanie venait de comprendre la raison de sa venue.

 

-« Toi, tu as des choses à me raconter.

-Il se pourrait ; répondit Kate, haussant les épaules.

-Je veux savoir comment s’est passée ta soirée avec Monsieur juillet. »

 

Kate se mordilla la lèvre. Oh, si elle savait…

 

-« Justement, elle n’a pas fini avec lui.

-Pas avec lui ? Mais… avec qui ? »

 

La brunette laissa un léger suspense avant d’enfin tout avouer à sa meilleure amie.

 

-« Avec Castle. »

 

Les yeux de Lanie étaient à deux doigts de sortir de leurs orbites. La médecin légiste prit le temps d’assimiler l’information avant de répondre.

 

-« Tu as passé la nuit avec writer boy ?

-Non, pas la nuit, Lanie. Simplement la fin de soirée… et peut-être un petit bout de la nuit aussi ; ajouta Kate, se mordillant la lèvre.

-Mais… comment est-ce que tout ça est arrivé ? La dernière fois que nous avons parlé, tu te préparais pour ton rencard avec Monsieur juillet. »

 

Kate prit le temps d’expliquer en détails le déroulé de sa soirée, en incluant bien évidemment l’enquête qui avait sauvé leur soirée – la sienne et celle de son partenaire. Elle en arriva alors au moment où elle raccompagna Castle chez lui et…

 

-« TU L’AS EMBRASSE ? s’écria la médecin légiste.

-Lanie ! Pas si fort, tout le poste va t’entendre !

-Kate, ma chérie, tu ne peux pas me faire part de cette information et t’attendre à n’avoir aucune réaction. Alors, comment c’était ? »

 

Kate sourit et baissa la tête, sentant le rouge lui monter aux joues. Elle ne put répondre à la question de sa meilleure amie puisque la porte de la morgue s’ouvrit et Castle montra le bout de son nez.

 

-« Bonjour, Lanie. Bonjour, Ka… Beckett. J’ai croisé Ryan et il m’a dit que vous étiez ici avec Lanie alors… je vous ai ramené votre café.

-Merci beaucoup. »

 

Kate accepta le gobelet qu’il lui tendait et le remercia avec un sourire. Quand elle tourna la tête, elle vit le sourire de sa meilleure amie. Elle leva les yeux au ciel et salua Lanie avant de quitter la pièce. Castle fit un signe de la main à Lanie et suivit sa partenaire. Kate s’était avancée dans l’allée du bâtiment avant de tourner pour atterrir dans un couloir un peu plus étroit.

 

-« Bonjour ; la salua timidement l’écrivain.

-Bonjour. Vous avez bien dormi ?

-C’était la nuit la plus apaisante que j’ai passée depuis des semaines.

-Moi de même. »

 

Les deux partenaires échangèrent un sourire timide. Un silence s’installa entre eux. Castle ne pouvait détourner son regard du visage de Kate. Son visage tout entier ? Non, ses lèvres. Depuis leur baiser hier soir, il n’avait cessé de vouloir l’embrasser, goûter à ses lèvres une nouvelle fois. Et il n’était pas vraiment discret, ce qui fit rire Kate.

 

-« Je peux voir que vous en avez envie, Castle.

-Envie de quoi ?

-De m’embrasser. »

 

Castle fut prit de court. C’était si évident que ça ?

 

-« J’en ai envie depuis hier soir ; avoua ce dernier.

-Alors qu’est-ce que vous attendez ?

-Il n’y a… il n’y a pas de caméra ici qui pourrait nous voir ?

-Pas dans ce couloir ; répondit Kate en secourant la tête. Alors ? »

 

Castle n’attendit pas que sa partenaire le répète une deuxième fois, il se pencha vers elle et passa son bras libre autour de sa taille puis se jeta tendrement sur ses lèvres. Kate, ayant une main occupée à porter son café, vint placer sa main sur sa joue et approfondit le baiser. Elle mentirait si elle disait qu’elle n’en mourrait pas d’envie de son côté. A bout de souffle, les deux partenaires se séparèrent.

 

-« Chaque journée devrait commencer de cette manière ; murmura l’écrivain.

-Et chaque soirée devrait se terminer comme celle d’hier ?

-Exactement.

-Et bien… ça peut peut-être s’arranger. »

 

Kate n’en dit pas plus, elle savait que Castle finirait par comprendre ce qu’elle insinuait. Le soir-même, l’écrivain l’invita à dîner.

Changement de plan.
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